Musée d'Orsay, jusqu'au 1er juiller 2012
À mes yeux, des valeurs antagonistes se dégagent de cette série de tableaux .
D capture par la peinture ces femmes dans une des activités les plus intimes qu'il soit, la toilette. Il s'introduit à pas de velours dans leur cabinet pour immortaliser ces corps nus, propriété on ne peut plus privée de ces dames.
Toutefois, pudeur, candeur et douceur sont à mon sens, les maîtres mots de cette expo.
L'artistes aux danseuses protège l'intimité de ses modèles sous des traits fins et suaves qui excluent d'emblée les idées de voyeurisme, d'érotisme ou encore de vulgarité que peut parfois évoquer à certains, le nu dans l'Art.
Le cabinet de toilette est leur tour d'ivoire, un lieu clos et confiné où D orchestre avec ses doigts de maître ( ou devrais-je dire, son pinceau ? ) des ambiances feutrées où ces dames se prélassent et s'abandonnent, sans se soucier de l'oeil d'autrui...
Les tissus de bain éparpillés sur le sol par-ci par-là ou saisis en main pour sécher une chevelure, un pied, une main, ajoutent un petit plus à la grâce qui se dégage de l'oeuvre de D et font partie intégrante, au même titre que les brosses à cheveux et les éponges, du rituel rendu si esthétique et pourtant si commun auquel elles s'adonnent
Le paradoxe ? Ces dames pensent sûrement que personne ne les épie, qu'elles sont, comme on dit " à l'abris des regards indiscrets" alors que nous assistons, spectateurs, au travers des mirettes de D, à leurs moindres faits et gestes mais CHUT, admirons-les en silence ( c'est d'ailleurs ce que le gardien de l'exposition a répété plusieurs fois au public), elles ne s'en rendront même pas compte !
xxoo

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